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AuvergneBalade d'été dans les Combrailles
 
Saveurs d'autrefois et contemplation

 
 

Dimanche 9 juillet 2017
Jean-Paul Lamy
 

La grosse cloche sonne, encore elle ! Le carillon matinal de huit heures tintinnabule dans La Moutade, petit bourg de Limagne encore endormi. La place de l’église est déserte, mais la météo est sympa. Fi des prévisions toutes pessimistes, elle se montre plus printanière qu’estivale ! Et comme par enchantement, toute pluie cesse à l’heure du rendez-vous, malgré un ciel plutôt chargé.

Une demi-heure avant le début du beau programme qu’ils nous ont concocté, les organisateurs sont bien là. Monique et Eric ont sorti la peau de chamois pour faire briller plus encore leur splendide Triumph TR3A d’un beau rouge qu’ils prétendent Ferrari. Qu’est donc devenu l’emblématique Signal Red de Sa Gracieuse Majesté ? Gentiment complice, le vent déplace les nuages, plus une goutte d’eau ne vient ternir la belle auto rouge. C’est la seule Triumph qui restera capotée toute la journée : les leaders sont bien prudents, mais ce ne sont pas les seuls.

Progressivement, les dix voitures attendues viennent se ranger sous les arbres. Elles sont toutes au rendez-vous à l’heure dite, mettant ainsi fin à une légende qui prétendrait que certains auraient la fâcheuse habitude d’arriver en retard. Que Nenni ! Balivernes…
 

Cliquez sur les images pour les agrandir.

2017 Auvergne Ete (1)Petit tour d’horizon sur un ciel encourageant. La majorité des participants décapote. Qu'elles sont belles, les Triumph et consœurs, bien alignées ! Bien sûr, il y a des équipages originaux, l’un dompte un fougueux Mustang, l’autre navigue sur une modeste Caravelle, sans doute prédestinée à l’eau. Mais contrairement à la fière et puissante américaine, la petite française grise sait discrètement se passer de capote, à la manière de ses consœurs anglaises.

La petite Morgan, jolie cousine britannique, est éclatante dans sa livrée orange. Elle fait une entrée remarquée et nous confirme que seuls des anglais sont assez fous pour imaginer des roadsters encore plus radicaux que les rustiques Triumph. Les habitués des sorties auvergnates se retrouvent avec plaisir, les nouveaux participants font connaissance et les conversations vont bon train.

Trop prudents, trop pessimistes, trop capitalistes, trop timorés devant les annonces d’une météo orageuse, deux équipages préfèrent risquer sur la route une conduite intérieure moderne. C’est d’autant moins téméraire qu’il s’agit de la voiture de leur épouse, mais d’ici à l’avouer… La vérité : ils craignent qu’une averse de grêle vienne gondoler la belle carrosserie de leur Triumph. Comme ils se trompent ! Tout le monde sait que les vieilles anglaises ont la peau dure, beaucoup plus résistante que la fine tôle des autos modernes, fussent-elles Citroën bleue layette ou Volvo rouge sanguin ! Mais reconnaissons la pertinence de leur démarche prudentielle : un bon stage au garage de leur belle ancienne, surtout de longue durée et en toute saison, est beaucoup moins risqué qu’une brève échappée sur route, toujours aventureuse !

Neuf heures, ce dimanche matin, La Moutade se veut méridionale et Le Caveau du Fort nous attend pour un petit déjeuner copieux à l’abri d’un grand barnum rouge, histoire de se protéger, non pas du soleil, mais d’une probable averse qui Dieu merci ne vient pas. Un vrai jus d’oranges pressées, des viennoiseries en abondance, un accueil souriant avec comme touche originale un pain perdu très apprécié, la journée s’annonce sous les meilleurs auspices.

Le convoi s’ébranle en direction d’Ebreuil, évitant les grands axes en sillonnant les petites routes des Combrailles. Une luminosité d’été offre de belles perspectives, malgré les nuages bas. Premier regroupement sur la place d’Ebreuil, devant le café Le Zabelle qui, pour une fois, n’est pas le point de départ d’une expédition antarctique dans le grand-nord de l’Auvergne.

     
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Nous serpentons le long de la Sioule jusqu’au pont de Saint-Gal, avant de quitter la vallée pour atteindre Blot-l’Eglise. Le petit parking devant l’huilerie est vraiment trop étroit, mais il absorbe presque la plupart de nos autos. Les participants font preuve d’imagination pour encastrer leur voiture. Ce joli puzzle fait le grand bonheur des quelques passants, surpris par cet entrelacs de vieilles autos. Les commentaires des badauds sont toujours aussi novateurs : « J’avais la même il y a… ». Ah, nostalgie, quand tu nous tiens !

     
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Nous nous entassons dans la petite huilerie qui fleure bon le gras et le passé. Ce dimanche, les tenanciers de l’antique atelier ouvrent leur officine pour nous recevoir. Ils brossent un tableau complet d’une activité surannée à l’heure industrielle. Nous savons désormais tout sur les meules, les graines, les huiles, les contraintes d’antan et d’aujourd’hui, le tout dans un univers en proie à la mondialisation. La France ne produirait pas assez de matière première, face à une explosion de la production mondiale, pas toujours propre à la consommation humaine, ah bon ? Ce cours irréel d’économie géopolitique et écolo sanitaire à l’échelle mondiale est magistralement administré dans ce minuscule amphithéâtre improvisé, loin des universités reconnues. Le discours semble passionner notre petit groupe bien auvergnat, tiers-mondialiste pour l’occasion, méthodiquement endoctriné dans ce vieil atelier du fin fond des Combrailles. Mais quel poids auront nos apôtres écologistes de Blot-l’Eglise au prochain meeting de Davos ?

     
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Malgré l’exigüité du coffre des Triumph, certains font leurs emplettes. D’aucuns affirment que le transport d’huile est favorable à la longévité des voitures…

Dehors et malgré un ciel assez gris, il ne pleut toujours pas et le convoi, mené par Monique et Eric, prend la route de Saint-Gervais d’Auvergne. Grandes courbes et petits virages, un vrai régal pour nos anciennes. Arrivés dans cette mini-métropole locale, nous suivons notre leader dans un dédale de petites rues. Qui aurait cru que ce bourg perdu des Combrailles était si étendu ?

Enfin, au détour d’une dernière venelle, nous découvrons un lieu improbable et bien dissimulé, un grand hôtel à l’ancienne, Le Castel. Nous avons quelque mal à garer les voitures dans la cour assez étroite, mais les incontournables grandes gueules de notre club prodiguent comme d’habitude moult conseils, souvent impératifs, parfois contradictoires. Les dix autos finissent par se caser sans incident. Bien inspirés, les plus malins recapotent leur bolide, prudence oblige. Ces fins lecteurs du ciel n’auront pas à sortir précipitamment au cours du repas, peut-être histoire de fumer une cigarette en douce.

     
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Le Castel est installé dans une espèce de château néo-vintage, digne de faire un excellent décor pour un film d’Agatha Christie. Nous découvrons de nombreuses salles à manger à l’ancienne, des bars typiquement britanniques, même des salons cosy d’autrefois avant de nous installer au renommé Comptoir à Moustaches, la salle qui nous est réservée. Dans ce décor surprenant, deux tables de dix convives nous attendent, le couvert est dressé à l’ancienne, loin des nappes en papier et autres accessoires directement issus de chez Métro. Le joli menu calligraphié à notre intention fait l’unanimité. Un seul regret, le Kir de rigueur met bien longtemps à être servi, mais il est vrai qu’il y a aussi des gourmets dans les autres salles. Nos coreligionnaires apprécient tout spécialement le vin blanc, un Saint-Chinian, heureusement avec modération. Le dessert est si original et délicat qu’il met fin à toute conversation. Il existe des circonstances exceptionnelles où le silence peut prévaloir.

     
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Au cours du repas, Chantal informe ses voisins de sa volonté délibérée de ne jamais se laisser faire. La bougresse sait se défendre ! Sa faconde nous fait découvrir une délicatesse et un savoir-vivre inattendus. Si vous croisez en ville une calme piétonne apparemment très douce, surtout laissez-la passer ! Cette paisible personne n’apprécie guère tout manque de préséance à son égard. Elle laisse alors libre-cours à une douceur et à une gentillesse, certes un peu barbares, un tantinet brutales, mais unanimement respectées. Pauvre JP, attention à tout écart de conduite même involontaire, le rappel à l’ordre annoncé est terrible.

Une fois le café servi, c’est l’heure de regagner les voitures. Nous suivons l’organisateur qui se fourvoie quelque peu. Quelle pression que d’animer pour la première fois une sortie de notre club ! Benoîtement, la voiture de tête entraîne derrière elle les suivants trop paresseux pour réaliser que l’on ne respecte pas le roadbook. Rien de grave, c’est la loi du genre. Quelques kilomètres de « jardinage » plus loin, les brebis égarées retrouvent la route où les plus avisés ont la délicatesse d’attendre leurs petits camarades en perdition.

La météo, clémente jusqu’ici, ne veut absolument pas démentir les prévisions officielles. Nous affrontons un vrai déluge, une de ces violentes giboulées que mars nous a épargnées.

Et ô surprise, nous découvrons tenez-vous bien : « Dhagpo Kundreul Ling » qui, comme vous le savez tous, est « Monastère et centre d’études et de méditation bouddhiques », sous l’autorité suprême du « Karmapa Thayé Dorjé », dix-septième doyen en titre, excusez du peu ! Mais attentifs comme vous êtes, vous avez bien sûr tout retenu.

Nous sommes au cœur d’un autre monde, au centre d’un complexe exotico-communautaire plutôt rare dans nos campagnes : un temple colossal, de nombreux bâtiments annexes, un immense parc, bref une véritable colonie venue d’ailleurs. Un décor de cinéma au cœur des Combrailles. Le style tibétain, avec ses coloris contrastés, ses corniches alambiquées et ses dorures, est plutôt inattendu dans notre belle Auvergne !

     
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La pluie redouble, les parapluies ne sont ni assez larges, ni assez résistants. Les élégants escarpins de ces dames prennent l’eau, les gros godillots de ces messieurs aussi. Monique nous rassemble sous le porche pour nous expliquer le contexte. Sa maîtrise du Tibétain nous laisse pantois, d’autant plus que nous ne reconnaissons aucun des seuls mots exotiques qui nous sont familiers : Kâma-Sûtra, Lama, Yoga et l’ultra médiatique bonze Ricard, Mathieu pour les intimes. Nous sommes invités à ôter nos chaussures détrempées après les avoir vidées, avant d’entrer dans l’édifice.

Une authentique célébration bouddhique est en cours. Nous sommes interpellés par le feulement sourd qui emplit l’édifice, on se croirait dans la salle des machines d’un grand vaisseau transatlantique. En fait, il s’agit d’une psalmodie liturgique, ponctué de temps en temps par un assourdissant coup de gong. Au pied d’un gigantesque Bouddha d’or, quelques moines rasés, contemplatifs à souhait, accroupis devant de nombreux fidèles, entretiennent méthodiquement le sourd ronronnement, mélopée languissante surgie d’un autre monde.

     
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Chance inespérée, chacun retrouve ses chaussures à la sortie de la pagode ! La pluie cesse enfin et nous visitons le parc, sa bambouseraie et son étang, au centre duquel trône l’incontournable îlot artificiel, avec sa rocaille et ses saules. Les poissons rouges et les nénuphars sont bien là, pas les canards !

     
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Mais sentier détrempé n’arrête pas le pèlerin : ayez la foi ! De retour vers la pagode, nous sommes sidérés par une vision mystique : Marie-Noëlle en pleine extase ! L’air évaporé, le regard inspiré, la chevelure en lévitation, en méditation transcendantale approfondie, elle nous avoue, les bras ouverts, qu’elle est totalement sous l’influence de ces lieux sacrés. Espérons qu’elle sera remise de cette nouvelle plénitude avant le prochain pique-nique d’été, bien concret, prévu dans le Cantal, dont elle est la maîtresse d’œuvre. N’oublions pas les nourritures terrestres !

La route du retour traverse le lac de Sauret-Besserve, le pont et le barrage. Nous baissons la tête pour passer sous le haut viaduc des Fades. A la sortie des Ancizes-Comps, Martine et Jean-Pierre ont l’idée fort inopportune de profiter traitreusement d’une halte de regroupement non annoncée pour faire de charmants adieux individuels et conviviaux à tous les participants. Chapeau les artistes ! Ils remontent à pied la file de voitures arrêtées, serrant les mains avec un sourire inoubliable et un petit mot affectueux, bel exemple à suivre pour tout candidat à une quelconque élection. Malheureusement, ultra-capoté et rétroviseurs embués, confiné dans son étroit cockpit, le chef du convoi n’attend pas la fin de ce qu’il croit une simple halte de routine. Il n’a pas perçu l’importance géopolitique de l’événement : la séparation de la montagne et de la plaine. L’organisateur, pressé par le chronomètre, repart sans parrainer dignement un grand moment d’anthologie : la majesté des adieux de nos amis d'Orcival, dignes de ceux d’un certain Napoléon à Fontainebleau. Le résultat est sans appel : deux demi-convois sur deux itinéraires différents. Efficace, non ? Bison Fûté serait bien inspiré de faire appel à l’expertise de Jean-Pierre pour répartir le trafic lors des prochains chassés croisés vacanciers.

     
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Pour regagner au plus vite son cher Berry, notre charmant équipage féminin, Stéphanie et Claire, adepte universellement reconnu de la circulation en accordéon, prend congé du groupe. C’est toujours un vrai bonheur de les avoir parmi nous. Nous devrions organiser davantage de sorties septentrionales pour les Arvernes. Pourquoi à notre tour ne pas aller à la rencontre des autres ?

L’heure avance trop vite au goût des organisateurs. Plus question de prendre le pot de détente au club house du golf de Riom. Les huit équipages restants rejoignent Le Colonial, la brasserie du casino de la cité thermale de Châtelguyon. Une fois les voitures difficilement garées, au mépris délibéré de quelques règles de courtoisie oubliées pour la circonstance, les participants arrivent à se regrouper et allongent le pas pour ce dernier verre, tant désiré.

     
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Le Triumph Club de France se livre alors, comme à l’accoutumée, à son sport favori, la réorganisation à son goût de la terrasse de l’établissement. Chantal demande discrètement un Ricard, why not ? Le garçon de café, style Boy George relooké, chaud devant et chaud derrière, fier de ses accessoires et tatouages bien cachés pour être vus, relaye bruyamment la timide demande qui se voulait discrète. Avec des serveurs aussi délicats, relayés par des amis sincères, une bonne réputation est de plus en plus difficile à tenir. Faut-il changer le nom de la boisson ou découvrir un art qui fera sûrement fureur : la commande secrète sous anonymat. Qu’en pense le Conseil Constitutionnel ?

Après le dernier pot, c’est la fricassée de museau de rigueur, gare au choc des lunettes ! Puis c’est le traditionnel « Au revoir les amis », toujours ressassé, mais encore d’actualité, Dieu merci ! A nous revoir donc lors du pique-nique laïc et cantalien du dimanche 27 août, une fois Marie-Noëlle revenue, espérons-le, de son euphorisant séjour dans les éthers du nirvana tibétain. Michel, nous sommes de tout cœur avec toi, résiste aux tentations malignes d’un nouvel au-delà qui voudrait supplanter l’idéal auvergnat ! Pense d’abord à la truffade, à l’aligot, au Saint-Nectaire et au Saint-Pourçain !

Enfin une bonne nouvelle, l’animateur de la région Auvergne ne fait pas de discours, ce que tout le monde apprécie. Il se contente simplement d’adresser au nom de tous un grand merci à Monique et à Eric, talentueux organisateurs de cette sortie réussie, avec l’assistance discrète mais ô combien efficace de notre ami Patrice. A refaire, bien sûr !

     
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